🔎 Fiche espèce : Marsouin commun

🔎 Fiche espèce : Marsouin commun

Le marsouin commun est un petit cétacé discret mais fascinant, qui peuple nos mers tempérées. Bien qu’à peine visible en surface, il tient un rôle majeur dans l’équilibre des écosystèmes côtiers.

Description et caractéristiques du marsouin commun

Le marsouin commun (Phocoena phocoena) est un petit cétacé odontocète que l’on distingue facilement de ses cousins dauphins par son corps plus trapu et sa tête sans bec allongé.

Il atteint une taille moyenne comprise entre 1,4 et 1,9 mètre, pour un poids allant de 45 à 65 kg. Les femelles sont généralement un peu plus grandes que les mâles.

Son corps est fuselé, sa peau est gris foncé sur le dos, avec des flancs plus clairs et un ventre blanc. Il possède un aileron dorsal triangulaire et court, positionné au milieu du dos.

Le marsouin commun est pourvu de 60 à 120 dents petites et spatulées. Ces dents sont idéales pour agripper les proies glissantes comme les petits poissons. Pour se repérer dans son environnement et chasser, il utilise une écholocation très fine en émettant des clics produits par son melon, organe situé à l’avant du crâne.

Parmi ses principales caractéristiques biologiques :

– Taille adulte : 1,4 à 1,9 m
– Poids : 45 à 65 kg
– Nombre de dents : 60 à 120
– Longévité : 12 à 20 ans
– Respiration : toutes les 25 à 30 secondes

Animal plutôt discret, le marsouin se déplace seul ou en petits groupes de 2 à 5 individus. Il évite généralement tout comportement acrobatique, ce qui le rend plus difficile à observer.

Habitat et répartition du marsouin commun

Le marsouin commun est largement répandu dans l’hémisphère nord, principalement dans les eaux côtières tempérées et froides. Il habite l’Atlantique Nord, la mer du Nord, la Manche, la mer Baltique et la façade Pacifique Nord jusqu’au Japon.

Il fréquente surtout les zones côtières peu profondes, riches en nourriture. On le trouve particulièrement autour des estuaires, des baies ou près des fronts de courant.

Zone géographique Atlantique Nord
Profondeur 0 à 200 m
Température 5 à 15 °C
Salinité 30 à 35 PSU
Zone côtière Oui, très fréquente

Les plus grandes concentrations se trouvent dans la mer du Nord et autour des îles Britanniques. En France, il est fréquemment repéré en Manche et en Bretagne, ainsi qu’au large des côtes normandes et dans le golfe de Gascogne.

En dehors de l’Europe, des populations sont observées jusqu’au golfe du Saint-Laurent au Canada ou encore dans certaines zones côtières du Japon.

Alimentation et comportement du marsouin commun

Le marsouin commun est un prédateur opportuniste, qui adapte son régime alimentaire à la disponibilité locale et saisonnière. Il se nourrit principalement de poissons pélagiques de petite taille et de céphalopodes.

Il consomme entre 4 et 6 % de son poids corporel chaque jour. Cela représente plusieurs kilos de proies quotidiennement.

Parmi ses proies favorites, on retrouve :

– Harengs, merlans, sprats
– Lançons, maquereaux, gobies
– Seiches, calmars, crustacés

C’est un chasseur solitaire mais parfois actif en petits groupes. Il repère ses proies grâce à une écholocation très précise, même en eau très trouble ou sombre.

Le marsouin est capable de plonger à 200 mètres de profondeur, mais la majorité de ses activités de chasse se déroule dans les 50 premiers mètres sous la surface. Ses plongées durent entre 30 secondes et 2 minutes.

Il est rare d’observer ce cétacé en sauts ou cabrioles : son comportement est réservé et discret, ce qui explique pourquoi il passe souvent inaperçu en mer.

Reproduction et cycle de vie du marsouin commun

La reproduction du marsouin commun est sèchement saisonnière. Dans l’Atlantique Nord, la période de reproduction culmine entre mai et août.

Les femelles atteignent la maturité sexuelle vers 3 à 4 ans, contre 4 à 5 ans pour les mâles. La gestation dure environ 10 à 11 mois.

À terme, une seule naissance a lieu par an. Le veau naît avec une taille d’environ 75 cm et un poids de 6 à 10 kg.

Les stades essentiels de la reproduction :

– Maturité sexuelle : 3 à 5 ans
– Gestation : 10 à 11 mois
– Naissance : 1 veau par an
– Allaitement : 8 à 12 mois
– Espérance de vie : 12 à 20 ans

Le veau est nourri exclusivement par la mère, qui l’éduque également à la chasse. Ce lien très fort mère-petit est indispensable à la survie du jeune.

Cependant, le taux de mortalité infantile est élevé, notamment à cause des captures accidentelles, de la pollution et du dérangement acoustique.

Menaces principales pesant sur le marsouin commun

Le marsouin commun est directement exposé aux pressions humaines, sa proximité avec les côtes l’exposant davantage que d’autres cétacés.

Ses principales menaces incluent :

– Captures accidentelles (bycatch)
– Pollution chimique (PCB, métaux lourds)
– Bruit sous-marin (transport maritime, sonar)
Dégradation des habitats côtiers
– Réduction des stocks de poissons

Chaque année, plusieurs milliers de marsouins meurent pris dans des filets maillants. Dans la mer Baltique, certaines populations sont en détresse avec moins de 250 individus recensés.

La pollution cumulée provoque des troubles hormonaux et immunitaires. Les sons d’origine humaine perturbent leur écholocation, rendant plus difficile la chasse et les interactions sociales.

Statut de conservation du marsouin commun

Le statut du marsouin commun varie d’une région à l’autre. Si l’espèce est classée comme “Préoccupation mineure” au niveau mondial par l’UICN, certaines populations sont en danger critique.

Statuts selon les régions :

– Mer Baltique : En danger critique
– Manche – Mer du Nord : Vulnérable
– Atlantique Nord-Ouest : Quasi menacé

Des efforts de conservation sont en cours : restrictions sur les filets dérivants, pingers acoustiques sur les filets, et développement de zones marines protégées.

En France, le Plan d’Action Cétacés 2021-2026 cherche à limiter les prises accidentelles et à mieux connaître les populations présentes sur les côtes.

Rôle écologique du marsouin commun

Le marsouin commun tient un rôle fondamental dans les réseaux alimentaires marins côtiers. En tant que prédateur intermédiaire, il régule les populations de petits poissons et de céphalopodes.

Il est lui-même la proie de grands prédateurs comme les orques ou les requins. Sa présence est un indicateur précieux de santé écologique des milieux marins.

En consommant plusieurs kilos de poissons par jour, le marsouin influence la dynamique des stocks halieutiques. Sa disparition aurait des répercussions importantes sur l’équilibre des chaînes alimentaires.

Le marsouin commun dans les cultures et traditions

Moins célèbre que le dauphin, le marsouin commun a néanmoins inspiré de nombreuses croyances locales.

En Scandinavie, il était parfois considéré comme un messager des profondeurs, annonciateur de tempêtes.

En Bretagne, sa respiration bruyante lui a valu le surnom de “cochon de mer”. On disait qu’il grognait en surface, alimentant les superstitions des pêcheurs.

Aujourd’hui, il devient peu à peu un symbole de biodiversité menacée. Des associations locales et des centres de recherche œuvrent pour sa protection et organisent des sorties d’observation.

Le saviez-vous sur le marsouin commun ?

– Le marsouin commun peut vivre dans moins de 5 mètres de fond, un fait rare parmi les cétacés.
– Il est capable de réaliser 200 plongées par jour lorsqu’il est en pleine recherche alimentaire.
– En 2022, un individu a été observé à Rouen dans la Seine, démontrant sa capacité à pénétrer loin dans les estuaires.

Pourquoi protéger le marsouin commun ?

Le marsouin commun est un joyau discret mais essentiel de nos écosystèmes marins. Son comportement effacé ne doit pas masquer son importance écologique.

Menacé par nos activités, il incarne l’urgence de préserver la biodiversité côtière. Mieux le connaître, c’est mieux le protéger.

Il est encore temps d’agir : des réglementations adéquates, des campagnes de sensibilisation et l’engagement de tous peuvent faire la différence pour assurer sa survie.

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