On les sait puissants, intelligents, parfois redoutables. Mais les orques cachent bien des mystères. L’un d’entre eux, récemment confirmé par une étude de 20 ans, défie carrément notre compréhension des liens entre espèces.
Imaginez ces géants marins approchant un bateau, tenant dans leurs mâchoires un poisson ou une algue… et l’offrant à un humain. Simple curiosité ? Geste social ? Voici ce que révèle ce comportement fascinant – et les 16 proies que ces redoutables chasseurs ajoutent à leur menu carnivore.
Un comportement inattendu : quand les orques partagent leur repas
Dans plusieurs régions du monde, dont les côtes du Canada, de la Norvège et de la Nouvelle-Zélande, des chercheurs marins ont observé une scène peu commune : des orques apportant des offrandes à des humains. Poissons, oiseaux, calmars, mais aussi parfois des morceaux de raie ou même du varech – tout cela est présenté, avec patience, par ces cétacés à des occupants de bateaux.
Ce comportement a été signalé dans au moins six populations distinctes d’orques. Ce qui intrigue surtout les biologistes marins, c’est la répétition des gestes : si les orques ne reçoivent pas de réaction, ils peuvent retenter l’approche plus tard, comme pour dire « tu n’as peut-être pas compris la première fois ».
Certains spécialistes parlent d’une forme de réciprocité inter-espèce. D’autres y voient de la simple curiosité, voire un jeu. Mais dans tous les cas, cela souligne à quel point les orques sont des individus dotés d’une intelligence sociale très évoluée.
Que mangent vraiment les orques ? Un menu digne d’un super-prédateur
Les orques — ou épaulards — sont ce qu’on appelle des prédateurs apex : tout en haut de la chaîne alimentaire marine. Et leur régime carnivore est plus éclectique qu’on ne l’imagine. Poissons, mammifères marins, céphalopodes, oiseaux… rien ou presque ne leur échappe.
Voici quelques exemples de leurs proies préférées dans la nature :
- Des mammifères marins (phoques, otaries, dauphins)
- Des poissons gras comme le hareng, le saumon ou le maquereau
- Des oiseaux de mer (pingouins, guillemots)
- Des reptiles marins comme la tortue
- Même des baleineaux de baleine bleue ou de baleine à bosse
Fait étonnant, il a aussi été documenté que des orques ont attaqué — et tué — des élans (ou orignaux) traversant à la nage des bras de mer au Canada. Rare, certes, mais cela témoigne de leur capacité d’adaptation alimentaire et de leur stratégie de chasse flexible.
🧠 À retenir – Les orques ne suivent pas un régime unique. Selon la région du monde où elles vivent, certaines populations se nourrissent exclusivement de poissons (comme les épaulards résidents pacifiques), tandis que d’autres ciblent surtout des mammifères marins (comme les orques migrantes ou « transientes »).
Une consommation énergétique massive et des techniques de chasse ingénieuses
Un orque adulte peut peser entre 6 000 et plus de 10 000 kg. Ce gabarit impressionnant nécessite une quantité astronomique de nourriture, de l’ordre de 100 à 300 livres (45 à 135 kg) par jour.
Pour atteindre ces besoins, les orques misent sur deux atouts : leur intelligence exceptionnelle et la force du groupe. Elles chassent en bande organisée – jusqu’à 40 individus – avec des stratégies dignes des meilleurs chasseurs terrestres.
Prenons les écoles de poissons comme exemple. Les orques encerclent la cible, la regroupent à l’aide de bulles d’air et de mouvements coordonnés. Puis elles frappent de leurs queues puissantes, étourdissant leurs proies. Certains individus déposent même des morceaux de poissons à la surface pour attirer les oiseaux… qu’ils piègent à leur tour.
Certaines orques sont également spécialisées : on a vu des femelles apprendre à leurs petits à échouer volontairement sur des plages pour capturer des otaries, avant de regagner la mer. Un comportement à la fois risqué et spectaculaire, transmis de génération en génération.
Un appétit pour le foie de requin : une macabre révélation
Depuis quelques années, un comportement inquiétant s’ajoute aux talents des orques : leur goût prononcé pour un organe très précis… le foie des requins. Et ce n’est pas une légende urbaine.
En Afrique du Sud, des biologistes ont documenté le triste spectacle de 19 requins rejetés sur la plage, ouverts chirurgicalement, leur foie soigneusement retiré – le tout réalisé par seulement deux orques. Ces géants marins ne mangent rien d’autre, délaissant le reste du corps.
Pourquoi cette précision sinistre ? Parce que le foie est extrêmement riche en graisses, vitamines A et D : un concentré d’énergie facile à digérer. Les orques ont appris à localiser cet organe vital, et peuvent l’extraire rapidement sans « abîmer » le reste de la carcasse.
On a observé ce comportement en Nouvelle-Zélande, en Amérique du Sud et en Australie. Résultat : des requins autrefois abondants disparaissent de certaines zones, bouleversant l’équilibre écologique.
📝 Cet article est inspiré de la publication originale :
The Fascinating Diet of Killer Whales: 16 Animals They Hunt