🔎 Fiche espèce : Phoque de Ross

🔎 Fiche espèce : Phoque de Ross

Le phoque de Ross est un des mammifères marins les plus discrets de l’Antarctique. Espèce rare et peu étudiée, il fascine les chercheurs par son comportement solitaire et son habitat extrême.

Description et caractéristiques du phoque de Ross

Le phoque de Ross (Ommatophoca rossii) est un pinnipède de taille moyenne appartenant à la famille des phocidés. Sa silhouette élancée, sa tête arrondie et ses grands yeux noirs lui confèrent une allure unique. Il mesure à l’âge adulte entre 1,70 à 2,50 mètres de long et pèse entre 130 et 215 kg. En général, les femelles sont légèrement plus grandes que les mâles.

Son pelage est gris argenté sur le dos et plus clair sur le ventre, avec parfois une teinte brunâtre ou verdâtre selon la lumière. Il possède une mâchoire inférieure légèrement incurvée vers l’avant, un trait distinctif rares chez les phoques.

Les grands yeux globuleux du phoque de Ross sont parfaitement adaptés à la pénombre sous la glace, lui permettant de chasser même dans des conditions de faible luminosité. Autre caractéristique remarquable : il est capable d’émettre une gamme de sons variés, comme des sifflements et des trilles, audibles sur de longues distances sous-marines.

Ces vocalisations jouent un rôle crucial, notamment durant la saison de reproduction. Elles traversent la glace et permettent probablement aux individus, malgré leur isolement, d’établir un contact.

Habitat et répartition du phoque de Ross

Endémique de l’océan Austral, le phoque de Ross évolue exclusivement dans les eaux glaciales de l’Antarctique. Il privilégie les zones recouvertes de banquise saisonnière flottante, loin des zones côtières densément peuplées ou des bases scientifiques.

Son aire de répartition s’étend principalement autour de la mer de Ross, qui lui a donné son nom, mais on le retrouve aussi dans d’autres régions : la mer d’Amundsen, la mer de Weddell et la mer de Bellingshausen figurent parmi ses habitats connus.

Ce phoque est extrêmement réservé et passe la majeure partie de sa vie dans la solitude, rendant son étude particulièrement complexe. Il se déplace entre l’eau glacée et la surface de la banquise flottante, qu’il utilise pour se reposer ou respirer.

Longueur adulte 1,70 à 2,50 m
Poids moyen 130 à 215 kg
Zone principale Mer de Ross
Température eau -1,8 à 2 °C
Altitude banquise 0 à 2 m

Les conditions climatiques extrêmes de cette région en font un environnement hostile, auquel le phoque de Ross est cependant parfaitement adapté.

Alimentation et comportement du phoque de Ross

Le régime alimentaire du phoque de Ross est majoritairement composé de calmars, poissons antarctiques et divers crustacés. C’est un chasseur en plongée, capable de plonger entre 100 et 300 mètres de profondeur, et parfois jusqu’à 600 mètres.

Il utilise ses vibrisses, ou moustaches tactiles, pour repérer ses proies dans l’obscurité totale. Opportuniste, il adapte son alimentation à la disponibilité des espèces présentes selon les saisons.

Le phoque de Ross est une espèce fortement solitaire. Contrairement à d’autres phoques qui vivent en colonies bruyantes, il préfère l’isolement. S’il est discret en surface, son activité acoustique est intense sous l’eau, en particulier durant la reproduction.

Il passe aussi de longues heures à se reposer sur la glace, où il creuse des trous pour respirer. Son endurance aquatique est impressionnante : il peut rester en apnée plus de 30 minutes, exploit contribuant à sa discrétion.

Reproduction et cycle de vie du phoque de Ross

La reproduction du phoque de Ross reste méconnue en raison du difficulté d’observation dans son milieu naturel. La saison de reproduction se déroule entre novembre et décembre, durant l’été austral. L’accouplement a probablement lieu dans l’eau, comme chez les autres phocidés.

Après une gestation d’environ 9 mois, la femelle donne naissance à un seul petit entre octobre et novembre. Le nouveau-né mesure près de 1 mètre pour un poids allant de 20 à 30 kg.

Il est allaité durant 3 à 4 semaines. Le lait maternel, extrêmement riche en lipides, permet une croissance rapide. À la fin de cette courte période, le jeune est autonome et capable de plonger.

Le phoque de Ross atteint sa maturité sexuelle vers 3 ou 4 ans. En liberté, il peut vivre entre 20 et 25 ans, bien que peu de spécimens aient été suivis sur une si longue période.

Relations du phoque de Ross avec l’homme et menaces

En raison de son habitat éloigné et de son mode de vie solitaire, le phoque de Ross est très peu menacé par les activités humaines directes. Il n’existe aucune chasse commerciale ciblant cette espèce, qui bénéficie de la protection de traités internationaux comme la CCAMLR.

Cependant, certaines menaces émergent :

  • Changements climatiques : la fonte de la banquise pourrait fortement impacter son habitat et la distribution de ses proies.
  • Pollution marine : accumulation de microplastiques et de substances toxiques via la chaîne alimentaire.
  • Bruits anthropiques : les sonars militaires, navires et brise-glaces perturbent ses communications sous-marines.

Cette espèce reste protégée mais la vigilance est de mise, en particulier dans un contexte de réchauffement climatique rapide au niveau des pôles.

Statut de conservation des populations du phoque de Ross

Actuellement, le phoque de Ross est classé en préoccupation mineure (Least Concern) sur la Liste rouge de l’UICN. Cette classification repose sur l’absence de menace directe majeure connue.

Néanmoins, les données scientifiques disponibles sont extrêmement limitées. Les estimations actuelles varient entre 100 000 et 200 000 individus, mais ces chiffres pourraient être révisés à mesure que les techniques d’observation s’améliorent.

En 2021, une étude novatrice utilisant des drones et satellites du British Antarctic Survey a permis de mieux cerner leur distribution et d’identifier des zones potentielles d’agrégation.

La surveillance continue est indispensable pour anticiper les impacts à long terme du changement climatique et aider à la mise en place de mesures de protection ciblées.

Rôle écologique et place du phoque de Ross dans l’écosystème

Le phoque de Ross agit en tant que prédateur intermédiaire dans l’écosystème marin antarctique. Il régule les populations de poissons et de céphalopodes, assurant ainsi un certain équilibre des réseaux trophiques.

Il est également une proie potentielle pour les orques (Orcinus orca) et les léopards de mer (Hydrurga leptonyx), bien que les cas documentés de prédation soient rares.

La présence du phoque de Ross est un indicateur précieux de l’état de santé de la banquise et des chaînes alimentaires polaires. Les scientifiques commencent à s’y référer comme un bioindicateur essentiel face aux bouleversements environnementaux en cours.

Le phoque de Ross dans la culture et l’imaginaire collectif

Peu connu du grand public, le phoque de Ross commence à éveiller l’intérêt des passionnés de la faune polaire. En raison de sa rareté et de sa discrétion, il est surnommé le “fantôme de la banquise”.

On l’aperçoit brièvement dans certains documentaires animaliers, comme “Frozen Worlds” de la BBC. Ces images permettent de mieux faire connaître cet animal énigmatique au-delà du cercle scientifique.

Dans les milieux scientifiques, chaque observation est considérée comme précieuse. Il fait partie des pinnipèdes les plus mystérieux, contribuant à façonner l’image d’une faune exceptionnelle et encore méconnue dans les régions les plus inaccessibles de la planète.

Le saviez-vous sur le phoque de Ross ?

  • Il est le seul représentant du genre Ommatophoca, ce qui en fait un cas unique dans l’évolution des phocidés.
  • Ses vocalisations sont capables de porter sur plus de 10 kilomètres sous la glace, un exploit acoustique parmi les mammifères marins.
  • En 2022, un individu a été repéré à plus de 500 km de la banquise sur un iceberg dérivant, un record pour cet animal habituellement sédentaire.

Notre dernier mot sur le phoque de Ross

Mammifère discret et superbement adapté aux conditions extrêmes, le phoque de Ross est une véritable curiosité biologique. Sa faculté d’adaptation, son autonomie et ses comportements acoustiques en font un objet d’étude fascinant.

Alors que le climat polaire évolue rapidement, il devient urgent de mieux connaître cette espèce, d’en suivre les populations et de préserver les conditions de son habitat. Chaque avancée scientifique à son sujet constitue un pas pour mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes antarctiques, parmi les plus sensibles de la planète.

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